Mes ongles glissent sur ta peau. Tout doucement, j'écris mon nom sur ton dos qui me fait face, et je te griffe, de haut en bas, jusqu'à la naissance de tes reins. Ta transparence me fait horreur, j'embrasse tes épaules, mes lèvres sont humides, ta nuque est creuse. Ta paume presse ma hanche et l'amène contre ton corps. Tes gestes sont virils mais je connais ton secret. Tu n'as jamais pu dominer, tu ne sais que subir. Tu tournes ton visage vers moi et cherches mes lèvres. Je te les offre, ton seul salut.
« Done est ma tempête.
- ...
- Tu es mon port. »
J'ai des envies d'exploser, des hurlements qui montent à mon cerveau et qui couvrent ta voix. Je mords ta langue, tu sursautes. Mais ce n'est pas comme si tu n'avais pas l'habitude. Tu te retournes complètement et tu m'emprisonnes entre tes jambes - presque aussi frêles que les miennes. Je te laisse faire. J'ai envie de toi. Je veux oublier. Juste oublier. Les ressorts grincent sous nos mouvements, mélodie d'une erreur qui ne nous lâchera plus. Les rires qui viennent de la rue m'empêchent de quitter la réalité.
« Lino...
- Ne me dis pas que tu m'aimes.
- Pourquoi ?
- Parce que je devrais t'avouer que je t'aime aussi. »
Tu aimerais croire que c'est une victoire mais tu me connais trop bien. Tu sais que je n'ai d'espoir que pour les choses impossibles, et qu'une évidence comme celle-ci me dérangera. Si tu m'appartiens, je m'en irai. Tu dois me rendre les choses compliquées si tu me veux à toi.
Tu enfouis ton visage dans mon cou et j'enfonce mes doigts dans ta chaire. Tu accélères la cadence pour effacer ton angoisse. Ça ne marchera pas, mais tu tentes le coup. Je voudrais te dire que j'aime ça, pourtant je me tais. Ça ne servirait à rien. Si tu n'étais pas aussi beau, je t'embrasserais. Mais je préfère te regarder, de peur que ça n'arrive plus. La sueur trempe tes cheveux et coule sur mes seins, gouttes par gouttes. Ta bouche est salée, la mienne trop amer.
Je crie. Toi, tu te contentes de me serrer très fort.
Je t'ai regardé jusqu'à ce que tu t'endormes, et j'ai fini par m'en aller. Je n'arrive plus à réfléchir, et c'est de ta faute. J'aimerais savoir si c'est un problème. En rentrant dans ma chambre trop fade, une seule pensée me hante. Personne ne fait l'amour comme ça, Jimmy. Il n'y a que toi. Il n'y a que toi qui ne me donne pas l'impression de me salir.
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